Nutrition et politiques alimentaires durables

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Nutrition et politiques alimentaires durables

En Afrique de l’Ouest et au Sahel, plusieurs initiatives récentes visent à renforcer la résilience alimentaire et nutritionnelle face aux défis climatiques et sécuritaires. Ces efforts impliquent des organisations régionales, des universités européennes et africaines, ainsi que des ONG internationales, avec un accent sur l’adaptation de cadres européens aux contextes locaux.

Les faits établis

Le projet NEEMA, dirigé par l’université de Séville et financé par le programme Erasmus+, rassemble quatorze universités d’Afrique et d’Europe pour améliorer la résilience alimentaire et nutritionnelle des populations vulnérables. Ce programme de 36 mois s’inscrit dans le Pacte vert européen et la stratégie « De la ferme à la table » de l’Union européenne, en adaptant ces cadres aux réalités du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest. À Bamako, au Mali, la délégation de l’Union européenne a récemment examiné les progrès du projet et abordé les défis opérationnels lors d’une réunion avec les responsables.

Parallèlement, la CEDEAO a réajusté sa stratégie contre l’insécurité alimentaire en Afrique de l’Ouest, où près de 47 millions de personnes pourraient affronter une crise alimentaire aiguë entre juin et août 2025 sans mesures urgentes, selon des rapports relayés par West Africa Daily.

Les organisations paysannes d’Afrique de l’Ouest, regroupées au sein de réseaux comme l’OEF-ROPPA, appellent à la reconnaissance officielle des systèmes alimentaires paysans comme base des politiques agricoles. Ces systèmes garantissent un accès à une alimentation saine et nutritive, promeuvent des modes de consommation durables et une production agroécologique, comme indiqué par Dakaractu.

En 2025, on estime que 167 millions d’Africains ont été confrontés à une insécurité alimentaire aiguë, un chiffre record principalement dû à cinq conflits non résolus, selon le Africa Center for Strategic Studies. Au Togo, le Programme de résilience du système alimentaire (FSRP) a permis la mise en place du premier cadre normatif national en matière agroalimentaire, en cohérence avec les politiques régionales.

Réactions et déclarations officielles

Action contre la Faim plaide pour une transition juste des systèmes alimentaires à la COP30, en intégrant l’agriculture dans les négociations climatiques et en renforçant le droit à l’alimentation, comme rapporté sur son site officiel. L’organisation soutient le Belém Action Mechanism (BAM) pour accompagner les communautés vers des systèmes agroécologiques inclusifs, tout en maintenant les financements humanitaires dans les zones de conflit.

Sébastien Abis, directeur du think tank RPG, note que plusieurs pays africains avancent vers l’autosuffisance en riz, une réduction des importations de blé et un essor des cultures vivrières, malgré des contraintes budgétaires, selon Jeune Afrique.

Les organisations paysannes résolvent de rééquilibrer les investissements publics en faveur de la production familiale diversifiée, des marchés territoriaux et des infrastructures locales de stockage et de transformation. Elles proposent de structurer des alliances avec les collectivités territoriales et les décideurs politiques pour influencer les politiques agricoles, alimentaires et climatiques.

Le programme Pafao du CFSI soutient neuf nouveaux projets pour renforcer les systèmes alimentaires locaux et valoriser les productions familiales en Afrique, en favorisant le consommer local.

Contexte factuel

En 2014, la Déclaration de Malabo a fixé sept objectifs pour l’agriculture africaine à atteindre d’ici 2025, dont l’éradication de la faim, comme rappelé par le panel Mamo. En 2025, les gouvernements de diverses régions ont renforcé les repas scolaires et intégré les politiques alimentaires et climatiques, selon le UN Food Systems Hub.

Au Cameroun, Action contre la Faim aide les familles déplacées par les conflits et les inondations via des transferts monétaires, des formations et des activités génératrices de revenus, comme la culture de tomates. Au Mali, NEEMA organise des réunions avec le point focal Erasmus+ pour aborder les accréditations avant les sessions de formation.

Le FSRP forme également 30 jeunes chercheurs des instituts de recherche agricole en méta-analyse pour renforcer les capacités en Afrique de l’Ouest.

Situation actuelle

À ce jour, le projet NEEMA poursuit ses initiatives pilotes pour renforcer les capacités locales en sécurité alimentaire durable à Bamako et dans la région. La CEDEAO met en œuvre son ajustement stratégique pour prévenir la crise alimentaire prévue en 2025.

Les organisations paysannes renforcent leur influence via des plateformes comme l’UPR pour des formations paysannes et des échanges d’innovations en agroécologie et transformation locale. Action contre la Faim maintient ses soutiens au Cameroun et plaide pour des financements climatiques ciblés sur les zones fragiles.

En Afrique subsaharienne, 3,8 milliards de personnes dépendent de l’agriculture, rendant urgente la transition vers des pratiques durables avec formations, protection sociale et soutien aux petits producteurs, particulièrement les femmes. Le CFSI avance ses projets Pafao pour des systèmes alimentaires locaux résilients.

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