Une hausse des inégalités sociales observée dans plusieurs pays, selon un rapport de l’ONU
Le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) a publié un rapport alertant sur une hausse des inégalités sociales dans plusieurs pays, particulièrement en Asie-Pacifique. Ce document, rendu public le 2 décembre 2025, met en lumière les risques liés à l’intelligence artificielle (IA) qui pourraient creuser les écarts entre nations riches et pauvres.
Les faits établis
Le rapport du PNUD, intitulé La prochaine grande divergence : pourquoi l’IA pourrait creuser les inégalités entre les pays, se concentre sur la région Asie-Pacifique, qualifiée d’« épicentre » de ces dynamiques. Cette zone abrite plus de 55 % de la population mondiale, avec des niveaux de revenu nationaux variés et les écarts d’espérance de vie les plus marqués, comme l’indique le site des Nations Unies.
Dans cette région, quelque 1,3 milliard de travailleurs restent dans l’emploi informel, près de 770 millions de femmes sont hors de la population active et environ 200 millions de personnes vivent dans l’extrême pauvreté, selon les données rapportées par Euronews.
Le document souligne que, au cours des 50 dernières années, le commerce, la technologie et le développement ont permis une convergence des performances entre pays à faible et à haut revenu, avec des avancées en salaires, santé et éducation. Ces progrès risquent toutefois d’être inversés par l’IA sans politiques adaptées, d’après Boursorama citant le PNUD.
Des exemples concrets sont fournis : en Asie du Sud, les femmes ont jusqu’à 40 % moins de chances que les hommes de posséder un smartphone. Les communautés rurales et autochtones sont souvent invisibles dans les ensembles de données utilisés pour entraîner les systèmes d’IA, augmentant le risque de biais algorithmiques et d’exclusion des services essentiels, précise le PNUD.
En Amérique latine, près de la moitié des emplois exposés à l’IA générative – soit 17 millions d’emplois potentiellement bénéficiaires de gains de productivité – sont freinés par des lacunes en accès numérique, selon le même rapport.
Une entreprise sur quatre s’attend à des pertes d’emplois liées à l’automatisation par l’IA. Seul un citadin sur quatre, et moins d’un habitant rural sur cinq, est capable d’effectuer des tâches de base sur un tableur, indiquent les chiffres du PNUD relayés par Euronews.
Réactions et déclarations officielles
Philip Schellekens, économiste en chef du bureau Asie-Pacifique du PNUD, a déclaré lors d’un point de presse à Genève : « Nous pensons que l’IA annonce une nouvelle ère de montée des inégalités entre les pays, qui fait suite à des années de convergence au cours des 50 dernières années », comme rapporté par Boursorama.
Il a ajouté que même les États plus prospères pourraient en pâtir si des pays en développement rataient le train de l’IA. « Si les inégalités continuent de croître, les conséquences en matière de sécurité, de migration clandestine deviendront également plus préoccupantes », a-t-il estimé.
Le PNUD appelle à des mesures politiques pour limiter ce phénomène, soulignant que l’IA non maîtrisée pourrait accroître les écarts en performances économiques, capacités humaines et systèmes de gouvernance, selon le site officiel de l’ONU.
Contexte factuel
Le rapport met en évidence la vulnérabilité accrue des femmes et des jeunes face aux bouleversements de l’IA. Les emplois occupés par des femmes sont presque deux fois plus exposés à l’automatisation que ceux des hommes. L’emploi des jeunes recule déjà dans les métiers fortement exposés à l’IA, en particulier chez les 22-25 ans, indique Euronews.
Des risques de biais sont relevés dans les modèles de crédit dopés par l’IA, entraînés principalement sur des emprunteurs masculins urbains, classant à tort les entrepreneuses et agriculteurs ruraux comme à haut risque et les excluant des opportunités financières.
La course à l’IA dépasse l’adaptation des pays, aggravant les inégalités mondiales, alerte le PNUD, qui note que les points de départ des nations sont très différents.
Situation actuelle
Au 27 décembre 2025, le rapport du PNUD continue d’être discuté dans les médias internationaux. Il insiste sur la nécessité de politiques fortes et inclusives pour éviter une « grande divergence » entre pays.
Dans la région Asie-Pacifique, les défis persistent avec 1,3 milliard de travailleurs informels et des millions de femmes hors marché du travail. Les données sur l’accès numérique et les biais algorithmiques restent un frein aux bénéfices potentiels de l’IA.
Le document appelle à des choix politiques délibérés pour préserver les gains de convergence obtenus ces dernières décennies. Aucune mesure spécifique n’a été annoncée à ce stade par les États concernés, selon les sources disponibles.


