Des réformes sociales débattues dans plusieurs pays américains
Plusieurs pays d’Amérique latine font face à des débats intenses sur des réformes sociales et économiques. Ces discussions interviennent dans un contexte de changements politiques récents au Chili, en Argentine et en Équateur, où des élections ont porté au pouvoir des dirigeants de droite ou de centre droit. Ces événements se sont déroulés entre mars et décembre 2025.
Les faits établis
Au Chili, José Antonio Kast a remporté l’élection présidentielle en 2025. Cette victoire s’inscrit dans un contexte de crise sécuritaire et d’insatisfaction face aux réformes sociales menées sous le gouvernement précédent de Gabriel Boric, selon Revue Conflits. Le gouvernement Boric avait introduit une réduction du temps de travail à 40 heures et une hausse significative du salaire minimum. Une réforme des retraites a été adoptée en 2025, relevant la pension minimale à 250 000 pesos chiliens et augmentant progressivement la cotisation salariale de 10 % à 17 %, comme indiqué dans La Vie des Idées.
Ces mesures n’ont pas abouti à une refonte complète du système des Administratrices de Fonds de Pensions (AFP), des organismes privés gérant les retraites, laissant intacte l’architecture héritée des années 1973-1990. Par ailleurs, deux processus constitutionnels sous Boric, l’un en 2022 et l’autre en 2023, se sont soldés par des échecs, avec une victoire du rejet des propositions de changement.
En Argentine, le Parlement a approuvé le budget 2026 du président Javier Milei le 26 décembre 2025. Ce budget prévoit une inflation de 10,1 %, une croissance du PIB de 5 % pour 2026 et réaffirme l’objectif d’équilibre des comptes publics, d’après Le Monde. Depuis son élection fin 2023, Javier Milei a mis en œuvre une cure d’austérité budgétaire, réduisant l’inflation de plus de 200 % fin 2023 à 31 % actuellement, au prix d’une récession en 2024 et de pertes d’emplois. Les élections législatives d’octobre 2025 ont renforcé sa position à la Chambre des députés et au Sénat.
Ce budget supprime un plancher de financement pour l’éducation, suscitant des critiques. Le président Milei prépare également une réforme du travail, qui pourrait rencontrer des résistances.
En Équateur, Daniel Noboa a été réélu en mars 2025. Ce président de droite a exprimé sa volonté de collaborer avec les États-Unis, dans un contexte de préoccupations économiques et sécuritaires, selon L’Express.
Dans un cadre régional plus large, entre 2003 et 2015, des gouvernements progressistes ont mené des réformes économiques et sociales, stabilisant l’économie et étendant les droits collectifs, comme rapporté par Ritimo. Vers 2015, ces réformes ont montré des signes d’essoufflement, suivis de défaites électorales pour les forces de gauche.
Réactions et déclarations officielles
José Antonio Kast, élu président chilien, a clos le débat constitutionnel pour recentrer l’agenda sur la sécurité, l’immigration et l’autorité de l’État, d’après Revue Conflits. Rodrigo Paz, mentionné comme nouveau président de centre droit dans un pays non précisé dans les sources immédiates mais dans le contexte régional, vise une rupture avec vingt années de socialisme face à une crise économique.
En Argentine, le sénateur d’opposition José Mayans a déclaré : « Quand vous irez vous coucher ce soir, dites à vos enfants : “Je suis content parce que j’ai détruit le système éducatif” », en réaction à l’adoption du budget, selon Le Monde.
Javier Milei, se décrivant comme ultralibéral, poursuit ses réformes structurelles pour stabiliser l’économie, comme noté dans L’Express.
Contexte factuel
Ces débats sur les réformes sociales surviennent dans des pays andins comme le Chili, l’Argentine et l’Équateur, à l’est et au nord de la cordillère des Andes. Les préoccupations des électeurs portent sur les résultats économiques des gouvernements en place et la montée de l’insécurité. Au Chili, une criminalité inédite a émergé sous Boric. Historiquement, des réformes passées ont permis à près de 70 millions de Latino-Américains de sortir de la pauvreté en une quinzaine d’années, avec une croissance économique saine.
Des propositions persistent pour une seconde génération de réformes, incluant des politiques d’investissement industriel pilotées par l’État pour les PME et une réforme fiscale progressive visant les millionnaires, qui représentent moins de 1 % de la population, selon Ritimo.
Situation actuelle
Au Chili, José Antonio Kast prendra ses fonctions en mars 2026, marquant un virage vers des positions conservatrices sur l’immigration et la sécurité. En Argentine, le budget 2026 est adopté, avec des prévisions d’inflation à 10,1 % et de croissance à 5 %, soutenu par le FMI et les États-Unis. L’Équateur poursuit sous Daniel Noboa une collaboration internationale axée sur la sécurité et l’économie.
La Commission économique pour l’Amérique latine et les Caraïbes (CEPALC) note que Cuba et Haïti restent en récession en 2025, avec une contraction de 1,5 % pour Cuba, contrastant avec la dynamique régionale de faible croissance, d’après France-Antilles Martinique. Les réformes en discussion, comme celle du travail en Argentine, font l’objet de débats parlementaires en cours.


