Les entreprises adaptent leurs politiques de recrutement
En 2025, de nombreuses entreprises en France ont ralenti leurs recrutements en raison de l’instabilité politique et économique. Cette tendance, observée dans plusieurs secteurs, s’accompagne d’adaptations comme la mobilité interne et le recrutement transfrontalier.
Les faits établis
Quatre entreprises sur dix ont ralenti ou arrêté leurs recrutements de cadres en 2025, selon une étude de Robert Walters rapportée par Cadremploi. Parmi celles ayant connu des départs de salariés cette année, 44 % ont redistribué les compétences en interne entre les employés restants, parfois en automatisant des tâches, plutôt que de recruter de nouveaux profils.
Une étude OpinionWay pour Indeed, citée par Jobradio, indique que 85 % des recruteurs et 87 % des candidats estiment que l’instabilité politique décourage les embauches. Par ailleurs, 90 % des deux groupes jugent les perspectives d’embauche plus incertaines dans ce contexte.
Sur le marché du travail, plus d’une entreprise sur deux constate en 2025 une augmentation du nombre de candidatures pertinentes par offre, selon l’APEC, comme le mentionne Altaide. Les difficultés de recrutement touchent 17 % des entreprises françaises en octobre 2025, après un pic à 56 % en juin 2022, d’après le Hiring Lab de LinkedIn relayé par leur blog.
Les entreprises se tournent vers le recrutement transfrontalier pour pallier la pénurie de talents. Le dispositif Travail en Tension (TET) en France accélère les embauches pour plus de 50 professions en pénurie en 2025, comme l’informatique, l’ingénierie, la santé et les énergies vertes, avec des délais de traitement réduits à 1 ou 2 mois, selon Jobbatical.
Réactions et déclarations officielles
Stéphanie Sabau de Robert Walters déclare : « 2026 s’annonce comme un tournant culturel, avec des défis forts devant nous. Le premier et le plus important, c’est l’attractivité, la rétention des talents dans un contexte où la rémunération reste centrale. Mais on est convaincus que la transparence et la responsabilité sociale vont devenir des leviers d’attractivité et de rétention. 2026 devrait être meilleur que 2025 », selon Cadremploi.
Le gouvernement français a élargi la liste des professions pour le programme TET en 2025, aligné sur les objectifs de France 2030, facilitant l’accès à des talents internationaux sans tests de marché du travail, comme indiqué par Jobbatical.
À partir de juin 2026, la directive européenne sur la transparence des salaires obligera les entreprises à indiquer la fourchette de rémunération dans les offres d’emploi et à interdire les questions sur les salaires précédents des candidats, selon des sources comme Juritravail et Cadremploi.
Contexte factuel
Cette année 2025 a été marquée par des restructurations dans de nombreux secteurs, poussant les entreprises à combiner mobilité interne, reskilling et renforcement du leadership, d’après un bilan RH sur Proevolution. Les attentes en matière d’inclusion, de diversité et de culture d’entreprise se sont renforcées, avec les nouvelles générations considérant ces critères comme essentiels pour choisir un employeur.
Les recruteurs utilisent l’intelligence artificielle pour automatiser les tâches administratives et se recentrer sur la relation et l’analyse, transformant les processus de recrutement, comme le note Sigma-RH dans son retour sur les tendances 2025.
Du côté des candidats, 23 % ont changé de secteur, 15 % ont repris une formation et 17 % ont accepté un poste en dessous de leur qualification pour sécuriser leur parcours, selon l’étude OpinionWay citée par Jobradio.
Situation actuelle
Au 27 décembre 2025, les entreprises privilégient les remplacements ciblés et la redistribution interne des compétences face aux départs. Les taux de transparence salariale dans les offres d’emploi ont reculé, reflétant une moindre pression concurrentielle, bien que la rémunération reste le principal facteur de mobilité, d’après le Hiring Lab sur leur portail.
Les dispositifs comme TET permettent un accès rapide à des talents non européens, avec 70 % des embauchés restant en France à long terme et des taux de renouvellement de 85 % dans les secteurs en pénurie, selon Jobbatical.
Les employeurs observent une stratégie attentiste en attendant l’application de la directive européenne en 2026, qui imposera la communication des critères de construction des salaires et des indicateurs d’inégalités, comme le précise Juritravail.
Les aides à l’embauche d’apprentis sont maintenues pour 2025, avec des ajustements sur la proratisation et les paiements, selon des annonces gouvernementales relayées par Culture-RH.


