Les hôpitaux font face à des tensions persistantes
Les établissements hospitaliers publics et privés en France traversent une période de tensions financières et opérationnelles marquées, à la fin décembre 2025. Ces difficultés, soulignées par les fédérations professionnelles et confirmées par des études récentes, concernent les tarifs pour 2026, les déficits accumulés et les pénuries de médicaments.
Les faits établis
Le 23 décembre 2025, les quatre principales fédérations hospitalières – Fédération hospitalière de France (FHF), Fédération de l’hospitalisation privée (FHP), Unicancer et Fédération des établissements hospitaliers et d’aide à la personne privés non lucratifs – ont publié un communiqué commun dénonçant un gel des tarifs hospitaliers pour 2026. Selon Le Monde, ces tarifs, qui déterminent les montants remboursés par l’Assurance-maladie pour chaque séjour via la tarification à l’activité, restent identiques à ceux de 2025, sans augmentation.
La FHP a qualifié cette mesure de « gel des tarifs hospitaliers et de certaines dotations » envisagé par le gouvernement, comme rapporté par Caducée.net le 24 décembre 2025. Ce mouvement de contestation s’est accéléré fin décembre, après l’adoption au Parlement, le 16 décembre, d’une enveloppe budgétaire supplémentaire de 850 millions d’euros pour les hôpitaux, initialement prévue à un niveau plus restrictif dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale 2026.
Parallèlement, une étude présentée le 15 décembre 2025 par la FHF et La Banque Postale confirme une dégradation financière des hôpitaux publics. Intitulée « Regard financier sur les hôpitaux publics 2025 », elle analyse les ratios d’exploitation de 2019 à 2023 et met en évidence que 62 % des établissements étaient en déséquilibre financier en 2023, selon le décret du 27 juin 2008. Les ratios se sont dégradés en 2022 et 2023, particulièrement dans les hôpitaux à forte activité de médecine-chirurgie-obstétrique, en raison de l’inflation et des revalorisations salariales, comme indiqué par Weka.fr.
Des tensions opérationnelles persistent également. L’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a signalé, entre le 5 et le 9 décembre 2025, des perturbations sur des spécialités comme CHAMPIX 0,5 mg et 1 mg, en tension en ville et à l’hôpital avec contingentement quantitatif jusqu’à fin décembre 2025, selon Vidal.fr. Entre le 10 et le 18 décembre, des tensions ont été notées sur HOLOXAN 2 000 mg, avec remise à disposition indéterminée, et TILDIEM 25 mg injectable, réservé à des indications spécifiques faute d’alternatives, d’après Vidal.fr.
Dans le groupement hospitalier territorial (GHT) de la Seine-Saint-Denis, des fermetures de services ont été rapportées, comme le service de diabétologie à l’hôpital Ballanger, malgré des alertes répétées, ainsi que des inquiétudes sur l’ophtalmologie. La mutualisation des services supports a entraîné une réduction des effectifs, selon une question au Sénat déposée le 7 décembre 2025 et publiée sur senat.fr.
Réactions et déclarations officielles
Les fédérations hospitalières ont réagi d’une seule voix le 23 décembre. « Fixer les tarifs à 0 %, dans un contexte de sous-financement historique de l’inflation, de reprise d’activité et de tensions majeures en ressources humaines revient, sans l’assumer, à imposer un plan d’économies massif », déclarent-elles dans leur communiqué cité par Le Monde. Elles appellent à une augmentation d’au moins 1 % des tarifs.
La FHF rappelle que le déficit cumulé des hôpitaux publics atteignait 3 milliards d’euros fin 2024, lié à des facteurs exogènes, selon Caducée.net. Dans la Seine-Saint-Denis, les syndicats et personnels soignants alertent sur des conditions de travail dégradées, avec multiplication des arrêts maladie, épuisements professionnels et tensions avec les usagers, comme mentionné dans la question sénatoriale.
L’exécutif, de son côté, a publié un communiqué le 9 décembre 2025 sur info.gouv.fr, affirmant une hausse des moyens de l’assurance maladie de 3,6 milliards d’euros par rapport à 2025 pour les établissements de santé, avec des crédits fléchés vers hôpitaux et cliniques, d’après Caducée.net.
Contexte factuel
Ces tensions s’inscrivent dans un enchaînement de défis financiers, des effets de la crise Covid à l’inflation, comme décrit par Les Echos dans un article relayé par Caducée.net. L’étude FHF-Banque Postale objectivise une dégradation confirmée en 2024. En Seine-Saint-Denis, un territoire qualifié de désert médical avec une population exposée aux maladies chroniques, les réorganisations du GHT ont prolongé les délais de rendez-vous et réduit les durées d’hospitalisation.
Les pénuries de médicaments touchent plusieurs spécialités hospitalières, avec des reports de remise à disposition signalés par l’ANSM fin décembre 2025.
Situation actuelle
À la fin décembre 2025, les arbitrages sur la grille tarifaire 2026 et les dotations restent en attente, laissant une incertitude sur la concrétisation de la « stabilité » promise par l’exécutif. Les fédérations maintiennent leur fronde, tandis que les tensions financières persistent, avec 62 % des hôpitaux publics en déséquilibre en 2023 et une dégradation en 2024.
Les pénuries de médicaments comme CHAMPIX et HOLOXAN se prolongent jusqu’à fin décembre ou indéterminément. Dans les GHT comme celui de Seine-Saint-Denis, les fermetures de services et la surcharge de travail perdurent, avec des alertes sur les conditions de travail et l’accès aux soins. Aucune enquête spécifique n’est mentionnée dans les sources disponibles à ce stade.


