De nouvelles stratégies industrielles émergent à l’échelle mondiale
En 2025, plusieurs pays et régions du monde mettent en place de nouvelles stratégies industrielles axées sur la recherche et développement, les chaînes d’approvisionnement et les secteurs stratégiques. Ces initiatives concernent l’Union européenne, les États-Unis, la Chine et les Émirats arabes unis, ainsi que des discussions internationales sur le commerce et le développement durable.
Les faits établis
Dans l’Union européenne, les entreprises ont augmenté leurs investissements en recherche et développement dans des secteurs stratégiques. Selon le 2025 EU Industrial R&D Investment Scoreboard, le secteur de l’énergie enregistre la croissance la plus rapide, avec une hausse de 19,8 % des investissements en R&D et de 17,8 % des dépenses en capital pour les principaux investisseurs dans l’électricité et les énergies renouvelables en 2024. Dans le secteur de la santé, ces investissements ont progressé de 13 %.
Aux Émirats arabes unis, Emirates Global Aluminium (EGA) et le groupe chinois Sunstone ont annoncé le lancement en 2026 de la construction d’une usine de fabrication d’anodes, pour un investissement d’environ 300 millions de dollars américains. Cette usine aura une capacité de 300 000 tonnes par an et remplacera la majorité des importations actuelles d’anodes d’EGA, avec des perspectives d’exportation.
La Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED) note dans son rapport sur le commerce et le développement 2025 que des réformes sont proposées pour actualiser les règles commerciales, incluant les nouvelles stratégies industrielles liées aux services, au commerce numérique et à l’action climatique. Le commerce mondial a progressé d’environ 4 % en 2024, stimulé par les importations avant de nouveaux droits de douane et la croissance de l’économie numérique et de l’intelligence artificielle.
En Chine, la croissance économique s’est établie à 5,3 % en moyenne annuelle au premier semestre 2025, ralentissant à 4,8 % au troisième trimestre, soutenue par les exportations du secteur manufacturier malgré les nouveaux droits de douane américains. Les autorités priorisent le renforcement de la consommation privée avec des mesures de soutien modestes jusqu’à présent.
Des perturbations dans les chaînes d’approvisionnement mondiales ont été observées, avec des attaques en mer Rouge affectant 12 % du commerce mondial, selon l’Organisation maritime internationale (IMO) en 2025. Les coûts de transport conteneurisé ont augmenté de 350 %, d’après le Drewry Index 2025, entraînant des retards logistiques pour les industries dépendantes des matériaux critiques.
Réactions et déclarations officielles
La CNUCED prévoit un ralentissement de la croissance mondiale à 2,6 % en 2025 et 2026, contre 2,9 % en 2024, et appelle à des réformes pour harmoniser commerce, finance et développement durable, comme l’actualisation des règles commerciales pour l’économie d’aujourd’hui. Les économies en développement devraient croître de 4,3 %, générant plus de 40 % de la production mondiale, près de la moitié du commerce mondial de marchandises et plus de la moitié des flux mondiaux d’investissements.
Le World Economic Forum, dans son Global Risks Report 2025, classe les risques liés aux chaînes d’approvisionnement parmi les cinq plus menaçants de la décennie.
En France, la Direction générale du Trésor rapporte que des investissements d’ampleur ont été annoncés aux Émirats arabes unis, tels que la construction d’un campus d’intelligence artificielle financé principalement par MGX, visant à stimuler l’innovation et attirer les entrepreneurs et investisseurs technologiques.
Pour l’Union européenne, le tableau de bord des investissements en R&D industrielle 2025 indique la nécessité de renforcer les écosystèmes d’innovation et de dynamiser les start-up et PME pour contribuer à la compétitivité et à la prospérité, face à la concurrence mondiale, notamment dans les technologies de l’information et de la communication.
Contexte factuel
Ces développements s’inscrivent dans un contexte de croissance économique mondiale en ralentissement. La CNUCED relève que la croissance sous-jacente du commerce retombe entre 2,5 % et 3 % après un rebond temporaire en 2024. Les économies avancées croissent moins vite que les économies en développement.
En Europe, la croissance a atteint 0,5 % au troisième trimestre 2025, soutenue par un rebond de la production et des exportations aéronautiques ainsi que par l’investissement des entreprises non financières. L’inflation harmonisée moyenne est estimée à 1 % en 2025, contre 2,3 % en 2024.
La COP30, prévue en Amérique latine, met en lumière la dépendance de la transition mondiale à un pôle géopolitique, avec des exigences des pays producteurs pour un partage de la valeur dans les ressources minières.
Le secteur manufacturier chinois bénéficie d’exportations solides depuis le début de 2025, malgré le protectionnisme croissant et le ralentissement de la demande mondiale attendu dans les mois suivants.
Situation actuelle
Au 27 décembre 2025, les investissements en R&D dans l’UE continuent de croître rapidement dans l’énergie et la santé, avec un accent sur la souveraineté technologique. La construction de l’usine d’anodes aux Émirats arabes unis est programmée pour 2026.
La CNUCED maintient sa prévision de croissance mondiale à 2,6 % pour 2025, avec des signes de ralentissement du commerce sous-jacent déjà visibles. Les perturbations logistiques persistent, impactant les industries des matériaux critiques.
En Chine, les pressions déflationnistes se réduisent légèrement grâce à des mesures des autorités, tandis que l’Europe observe une désinflation nette. Les réformes proposées par la CNUCED pour le commerce et la finance sont en discussion, visant à renforcer les marchés de capitaux régionaux et nationaux pour les pays en développement.
- Les entreprises européennes investissent davantage dans l’énergie renouvelable et la santé.
- Projets d’infrastructures avancent aux Émirats arabes unis avec participation française et chinoise.
- La croissance mondiale ralentit, selon la CNUCED.
- Chaînes d’approvisionnement restent vulnérables aux perturbations géopolitiques.


