Les faits établis
En 2024, 47 % des entreprises ont déclaré avoir subi au moins une cyberattaque, selon une étude relayée par Independant.io. Ce pourcentage marque une légère baisse par rapport à 2023, où 49 % des entreprises étaient touchées, et une diminution plus marquée depuis 2019. Parmi les incidents les plus fréquents, le vol de données a enregistré une hausse de 11 points en 2024.
Dans le secteur industriel, l’année 2025 a vu une pression accrue sur les systèmes de contrôle industriels (ICS), avec 21,9 % de ces systèmes ciblés par des malwares au premier trimestre, descendant à 20 % au troisième trimestre, d’après le Kaspersky Security Bulletin cité par Espace Manager. Les secteurs les plus exposés incluent la biométrie (27,4 %), l’automatisation des bâtiments (23,5 %) et l’énergie électrique (21,3 %).
En Bretagne, une enquête menée entre juin et août 2025 auprès de 372 entreprises et collectivités révèle qu’une entreprise sur deux a subi au moins une cyberattaque au cours des deux dernières années, comme indiqué par Channelnews. Le coût moyen par incident pour ces entreprises se situe entre 40 000 et 60 000 euros, inférieur à la moyenne nationale de 150 000 euros pour les PME selon le baromètre CESIN 2025.
Par ailleurs, 44 % des TPE et PME se considèrent fortement exposées aux cyberattaques, particulièrement celles employant 50 salariés et plus (57 %), d’après des données publiées par la Fondation Entrepreneurs MMA. Parmi elles, 49 % reconnaissent ne pas être suffisamment préparées en cas d’attaque.
Réactions et déclarations officielles
Une étude de Cybermalveillance.gouv.fr, citée dans plusieurs rapports, indique que 80 % des entreprises ne se sentent pas préparées à faire face aux cyberattaques en 2025, et 58 % ne sauraient évaluer les conséquences d’un tel incident, selon Independant.io.
Kaspersky rapporte avoir observé en 2025 des campagnes comme Salmon Slalom, ciblant des entreprises manufacturières, de télécommunications et de logistique via du phishing sophistiqué et du DLL sideloading, ainsi que l’opération Librarian Ghouls visant des écoles d’ingénieurs et des environnements de conception industrielle, comme détaillé par Espace Manager.
Dans l’enquête bretonne de Bretagne Cyber Alliance, 67 % des entreprises interrogées considèrent leur système d’information comme critique pour leur continuité de service, contre 44 % au niveau national pour les TPE/PME selon le baromètre France 2025, rapporte Channelnews.
Contexte factuel
Le phishing reste un vecteur majeur, avec un taux de succès moyen de 32 % pour les campagnes ciblées en 2024 selon le Verizon DBIR, et un coût moyen par incident de 4,9 millions d’euros d’après l’IBM Cost of a Data Breach 2024, comme mentionné dans un article d’IT Systemes. De plus, 60 % des entreprises victimes de phishing subissent une réattaque dans les 12 mois suivants via le même vecteur.
En termes d’alliocation budgétaire, 48 % des entreprises consacrent au moins 5 % de leur budget IT/digital à la sécurité, dont 8 % plus de 10 %, une hausse légère par rapport à 2023 (45 %), selon Independant.io. En Bretagne, une entreprise sur deux dispose d’un centre de sécurité opérationnel (SOC), taux supérieur aux moyennes nationales, et ce chiffre atteint 86 % pour les entreprises de plus de 100 salariés.
Concernant la cyberassurance, 72 % des entreprises en ont souscrit une en 2024 (contre 70 % en 2023), et 64 % prévoient de la renouveler en 2025, d’après les mêmes données.
Pour les TPE/PME, 58 % déclarent un bon niveau de protection perçue, surtout les structures de 10 à 49 salariés (78 %) et celles des services aux entreprises (69 %), indique la Fondation Entrepreneurs MMA. Les mesures prioritaires concernent les solutions techniques (91 %), devant la sensibilisation (36 %).
Situation actuelle
Au quatrième trimestre 2025, les entreprises intensifient leurs investissements en cybersécurité. En Bretagne, le déploiement des SOC progresse malgré les contraintes budgétaires, avec des taux supérieurs à la moyenne nationale.
Dans les TPE/PME, 44 % des entreprises de 50 salariés et plus utilisent à la fois des solutions techniques et de sensibilisation, tandis que 26 % n’ont aucun niveau de protection significatif.
Les secteurs industriels préparent 2026 avec une vigilance accrue face à des menaces plus rapides et asymétriques, comme le note Kaspersky. Par ailleurs, 72 % des entreprises ayant une cyberassurance envisagent son maintien, reflétant une priorisation croissante de ce domaine.
Les enquêtes nationales et régionales, telles que celles de Cybermalveillance.gouv.fr, CESIN et ENISA, confirment une maturation progressive, bien que des lacunes persistent en matière de préparation et d’évaluation des risques.


