L’accès au logement reste une préoccupation majeure dans de grandes métropoles
En France, la crise du logement persiste dans les grandes métropoles comme Paris, Lyon et Marseille, où la demande excède largement l’offre. Des rapports récents font état de chiffres records de sans-abrisme, d’expulsions locatives et d’attentes pour les logements sociaux, touchant particulièrement les familles, les personnes handicapées et les classes moyennes.
Les faits établis
Le 30e rapport sur l’état du mal-logement en France, publié en février 2025 par la Fondation pour le Logement des Défavorisés (ex-Fondation Abbé Pierre), révèle que 350 000 personnes étaient sans domicile en 2024, soit en hébergement d’urgence ou à la rue. Ce document souligne une hausse des expulsions locatives, avec plus de 19 000 ménages concernés cette même année.
Par ailleurs, plus de 2,7 millions de ménages attendaient un logement social mi-2024, un niveau record. La production de logements a chuté, avec seulement 259 000 mises en chantier en 2024, dont 82 000 logements sociaux financés, le plus faible résultat depuis 20 ans, selon le même rapport disponible sur le site de la Fondation.
Dans les grandes villes de plus de 20 000 habitants, une étude du Figaro Immobilier indique qu’un tiers de ces communes sont devenues inaccessibles pour les familles cherchant à acheter un logement adapté à leur composition. Ainsi, 62 villes le sont pour un T4 et 148 pour un T5, principalement en Île-de-France, sur les littoraux atlantique et méditerranéen, ainsi qu’en Haute-Savoie, comme rapporté par TF1 Info.
La construction neuve continue de baisser : en octobre 2025, les autorisations de logements ont diminué de 5,8 % par rapport à septembre en données corrigées des variations saisonnières et des jours ouvrables, selon les statistiques du Service de la donnée et des études statistiques (SDES) publiées par le ministère de la Transition écologique.
Réactions et déclarations officielles
Clémentine, une salariée travaillant à Paris mais cherchant en banlieue, a déclaré : « Les prix parisiens sont impossibles et inenvisageables pour un couple avec un budget classique. Paris, c’est que dans les rêves », selon un reportage de TF1 Info.
Des parlementaires ont proposé un amendement pour fusionner la taxe sur les résidences secondaires et celle sur les logements vacants, visant les zones « ultra-tendues » comme Paris, Lyon, Marseille et la Côte d’Azur. Cet amendement, discuté dans le cadre d’un projet de loi de finances, permettrait aux communes de fixer un taux plafonné à six fois celui de 2025, comme indiqué par Le Figaro dans un article repris par Pleine Vie.
Contre l’avis du gouvernement, les députés ont adopté en première lecture une proposition de loi pour rendre permanent l’encadrement des loyers, initialement prévu jusqu’en novembre 2026, selon Journal de l’Agence. Trente-deux pour cent des 20 000 annonces locatives recensées entre 2024 et 2025 dépassaient les plafonds de loyer fixés ville par ville, d’après Le Monde.
Contexte factuel
La crise touche l’ensemble du territoire, y compris les salariés, avec une explosion des demandes en habitat social, un essor des locations de courte durée et une multiplication des résidences secondaires dans les zones touristiques, comme relevé lors d’un dialogue citoyen sur Public Sénat.
En Europe, une note du Parlement européen de mai 2025 chiffrait à 1,3 million le nombre de personnes sans domicile, dont 400 000 mineurs, contre 1,2 million en 2023 selon Eurostat. En France, le sans-abrisme a progressé de 143 000 personnes en 2012 à 350 000 en 2024, précise un article de Réfugiés Bienvenue.
Les personnes handicapées font face à des obstacles majeurs pour accéder au logement, vingt ans après la loi de 2005, selon le rapport de la Fondation. Par ailleurs, 30 % des ménages ont connu des problèmes de froid dans leur logement en 2024, contre 14 % en 2020. La crise affecte aussi les étudiants, les familles monoparentales et les bas salaires, avec une offre insuffisante dans le locatif social et privé, comme noté par Le Monde le 3 février 2025.
En Île-de-France, convertir 5,4 millions de mètres carrés de bureaux vides pourrait loger jusqu’à 340 000 personnes, estime l’Observatoire régional de l’immobilier d’entreprise, selon un article du Monde du 13 février 2025.
Situation actuelle
Au 27 décembre 2025, la pénurie de logements locatifs s’accentue dans les métropoles, avec des locataires incapables d’accéder à la propriété et des investisseurs se tournant vers la location saisonnière. Les associations de terrain rapportent une dégradation de l’accueil des publics vulnérables.
Le Plan Logement d’Abord, relancé en 2023 avec des objectifs à 2027, vise à promouvoir des logements abordables, mais peine à répondre à l’ensemble des besoins, notamment pour un parc accessible. Les enquêtes sur les pratiques de discrimination et de corruption dans l’attribution des logements font l’objet d’inquiétudes de la part des acteurs du secteur.
La production de logements sociaux reste en baisse, tandis que les listes d’attente s’allongent et que les expulsions persistent, confirmant la tension sur les marchés immobiliers des grandes agglomérations.


