Les systèmes éducatifs face au manque d’enseignants

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Les systèmes éducatifs face au manque d’enseignants

Les systèmes éducatifs dans plusieurs pays, notamment en France, font face à une pénurie d’enseignants qualifiés à la rentrée 2025. Cette situation touche le primaire, le secondaire et l’enseignement supérieur, avec des postes vacants et des heures d’enseignement non assurées.

Les faits établis

À la rentrée 2025 en France, plus de 3 000 enseignants manquaient déjà à l’appel, selon des échanges au Sénat. Cette pénurie s’inscrit dans une crise chronique du recrutement, marquée par une désaffection massive pour les concours de professeurs, comme l’a relevé Augustin Trapenard.

Dans les collèges publics et privés, 9 % des heures d’enseignement n’ont pas été assurées durant l’année scolaire 2023-2024, soit 10,3 millions d’heures perdues, d’après un rapport de la Cour des comptes présenté le 12 décembre 2025. Ce chiffre représente une hausse par rapport à 2018-2019, où la proportion s’élevait à 8,3 %. Parmi ces pertes, 8 % sont dues au non-remplacement des enseignants absents, pour motifs personnels (5 %) ou institutionnels (3 %).

La Cour des comptes note une augmentation des absences pour raison de santé : la part des enseignants absents au moins un jour par semaine pour maladie est passée de 2,6 % en 2018 à 4,1 % en 2023. À la rentrée 2024, 13 % de l’effectif total des enseignants manquait déjà, selon le même rapport publié par Le Monde.

Entre 2018 et 2025, les besoins de remplacement ont crû en raison de cette hausse des absences et de la crise du recrutement, indique Vie publique. Par ailleurs, CNews confirme les 10,3 millions d’heures non assurées en 2023-2024 dans les collèges.

Dans l’enseignement supérieur, des présidents d’universités signalent des difficultés liées à des déficits budgétaires, entraînant un non-remplacement systématique de postes. À l’université de Pau et des pays de l’Adour, le budget 2026 prévoit un déficit de 4,9 millions d’euros, avec remplacement de seulement deux tiers des enseignants-chercheurs partant à la retraite, selon TF1 Info.

Sur le plan mondial, l’UNESCO observe une pénurie massive d’enseignants qualifiés et intensifie ses efforts pour renforcer la profession, comme indiqué dans son bilan des actions pour 2025 sur son site officiel.

Réactions et déclarations officielles

La Cour des comptes recommande d’améliorer le suivi de l’état de santé des enseignants pour limiter les absences, dans son rapport sur les collèges. Elle met en avant la nécessité de réduire les heures perdues, impactant la réussite des collégiens.

Au Sénat, lors de la séance du 5 décembre 2025, des sénateurs ont évoqué la baisse des effectifs élèves – 109 000 de moins à la rentrée 2025, après 100 000 l’année précédente – et une réduction de 4 018 équivalents temps plein d’enseignants, dont 2 373 dans le primaire, pour s’adapter à la démographie scolaire, selon le compte-rendu officiel sur senat.fr.

Dans l’enseignement supérieur, le président de l’université de Pau, Laurent Bordes, qualifie la dégradation financière de « plus que préoccupante ». À Angers, la présidente Françoise Grolleau indique que l’établissement est « rendu à la limite de l’acceptable », avec non-remplacement d’une vingtaine de postes, comme rapporté par TF1 Info.

Des présidents d’universités lancent un « cri d’alarme » sur leur situation financière critique, avec une dizaine d’établissements en « urgence absolue », selon les mêmes sources. Le ministre de l’Enseignement supérieur a annoncé des assises en janvier pour aborder ces questions.

Contexte factuel

En France, la démographie scolaire baisse : le premier degré a perdu 621 000 élèves depuis 2015 et en perdra encore 455 000 d’ici 2029, d’après les débats au Sénat. Le taux d’encadrement s’est amélioré, passant de 25 à 21 élèves par classe depuis 2011.

Les absences pour maladie des enseignants augmentent dans un contexte de hausse générale des arrêts maladie. Les motifs institutionnels incluent formations et sorties. À l’échelle internationale, l’UNESCO cible la revalorisation du métier face à la pénurie mondiale.

Situation actuelle

À la fin 2025, la France enregistre toujours des postes vacants et des heures non remplacées dans les collèges, avec 9 % des cours perdus en 2023-2024. Dans le primaire et le secondaire, la crise de recrutement persiste à la rentrée 2025, malgré la baisse des effectifs élèves.

L’enseignement supérieur fait face à des déficits budgétaires dans plusieurs universités, limitant les remplacements de personnel. L’UNESCO poursuit ses initiatives mondiales pour l’éducation. Aucune mesure supplémentaire n’a été confirmée à ce stade par les autorités citées.

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