Introduction factuelle
La presse écrite fait face à une baisse continue de ses revenus publicitaires à l’échelle mondiale et en France. Selon les prévisions de WPP Media publiées en décembre 2025, les revenus publicitaires de la presse écrite devraient diminuer de 0,3 % en 2025 pour atteindre 31,4 milliards de dollars.
Les faits établis
En France, les journaux devraient enregistrer des recettes publicitaires de 860 millions d’euros en 2025, en baisse de 0,8 %, tandis que les magazines atteindront 710,7 millions d’euros, soit une diminution de 1,3 %, d’après les estimations de WPP Media.
Entre 2019 et 2024, les recettes publicitaires de l’imprimé sans adresse, un format utilisé par la presse et les retailers, ont chuté de 40 %. Sur les neuf premiers mois de 2025, ces recettes ont diminué de 9,6 % à 239 millions d’euros, malgré une hausse de 11,6 % des recettes numériques à 56 millions d’euros, comme rapporté par Influencia.
À plus long terme, la part des recettes publicitaires captées par la presse dans le volume total des investissements publicitaires est passée de 46 % en 2005 à 10 % en 2024, selon une étude sur l’économie culturelle et créative citée par CB News.
Les investissements publicitaires tous médias et secteurs confondus ont reculé de 1,4 % au troisième trimestre 2025 par rapport à 2024, à 6,8 milliards d’euros, avec une baisse notable à la télévision, premier bénéficiaire, selon le baromètre du CNC.
Réactions et déclarations officielles
Saïd Belaggoune, directeur général adjoint Commerce de Mediaposte, a déclaré : « Les Français voient leur pouvoir d’achat baisser. Le panier moyen diminue, ce qui augmente la fréquence de visite des grandes surfaces alimentaires. Ces dernières désinvestissent l’imprimé publicitaire pour proposer des prix plus bas. »
Les éditeurs de presse imprimée ont alerté sur l’impact de la hausse de 7 % des tarifs postaux annoncée par La Poste à compter du 1er janvier 2026. Cette mesure portera le prix unitaire de distribution de la presse aidée à environ 0,53 € pour les publications spécialisées et à près d’un euro pour les titres hors aides, contre 0,90 € actuellement, comme indiqué par Graphiline.
La Poste justifie cette augmentation par une hausse de 40 % de ses coûts de distribution en 2023, liée au recul des volumes de courrier.
Contexte factuel
À l’échelle mondiale, le marché publicitaire global devrait croître de 8,8 % en 2025 selon WPP Media, avec une prévision révisée à la hausse par rapport aux estimations antérieures de 6 % en juin 2025. Le segment de la publicité axée sur le contenu, incluant la presse, atteindra 663,5 milliards de dollars, en hausse de 7,9 %, mais la presse écrite reste en retrait.
En France, la croissance publicitaire est prévue à 4,5 % en 2025, inférieure à la moyenne mondiale et européenne de 5,8 %, d’après les mêmes prévisions. Le commerce deviendra le premier segment avec 178,2 milliards de dollars, dépassant la télévision.
Depuis 2023, les éditeurs observent une baisse de trafic issu des moteurs de recherche, amplifiée en 2025 par des fonctionnalités comme les Google Overviews. Au Royaume-Uni, une coalition d’éditeurs a lancé un lobbying auprès du Département de la Justice américain début décembre 2025 pour faire valoir les préjudices sur trafic et revenus, selon MNTD.
La consommation de publications de presse par les ménages a diminué de 26 % entre 2012 et 2021.
Situation actuelle
Au troisième trimestre 2025, les investissements publicitaires à la télévision, pilier des médias traditionnels, ont baissé de 10 % à 3,2 milliards d’euros, avec des écarts marqués entre groupes : TF1 à 1,4 milliard d’euros, M6 à 0,7 milliard, et France Télévisions en chute de 58,3 % à 0,2 milliard d’euros en raison d’un effet de base lié aux Jeux Olympiques.
Les prévisions pour 2026 indiquent un déclin plus marqué pour la presse écrite mondiale de 3,2 %, tandis qu’en France, les journaux et magazines devraient maintenir des niveaux similaires avec des baisses respectives prévues. Les aides à la presse en France dépassent 460 millions d’euros par an et pourraient atteindre 564,5 millions en 2025.
En Suisse, le Conseil fédéral a approuvé une augmentation de 10 millions de francs suisses pour l’aide indirecte à la presse écrite, contrastant avec les hausses tarifaires en France.
Les activités des agences de publicité devraient reculer de 2 % au premier trimestre 2025 en raison d’un resserrement des budgets, selon l’étude sur l’économie culturelle et créative.


