La pratique religieuse évolue dans plusieurs régions du monde

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Introduction factuelle

La pratique religieuse connaît des évolutions notables dans plusieurs régions du monde en 2025. Ces changements concernent l’Afrique, l’Europe, l’Amérique du Nord, l’Asie et le Moyen-Orient, impliquant des jeunes générations, des responsables politiques et des communautés confessionnelles.

Les faits établis

En France, une partie de la jeunesse se tourne vers une pratique religieuse plus fervente depuis le début des années 2020. Charles Mercier, maître de conférences en histoire contemporaine à l’université de Bordeaux, constate que la génération Z se dit plus religieuse que ses aînés, avec une augmentation de la croyance de cohorte en cohorte.

Parmi les musulmans de France, un sondage Ifop réalisé pour Écran de veille indique une progression de la pratique. Entre 1989 et 2025, la participation à la prière en mosquée chez les moins de 25 ans est passée de 7 à 40 pour cent, tandis que l’observance du ramadan chez cette tranche d’âge a augmenté de 51 à 83 pour cent. Le port du hijab chez les femmes de moins de 25 ans a bondi de 16 à 45 pour cent.

Dans le catholicisme français, 3 millions de catholiques continuent d’aller à la messe plusieurs fois par mois en 2025, formant un noyau dur engagé malgré la déchristianisation générale de la société, comme rapporté par La Croix.

Aux États-Unis, le président Donald Trump a instauré un « bureau de la foi » au sein de la Maison Blanche en 2025. Des organisations chrétiennes de droite ont organisé une conférence à New York pour élaborer une stratégie contre l’accès à l’avortement et l’idéologie du genre, selon The Guardian.

En Inde, le premier ministre Narendra Modi a participé à un bain rituel dans les eaux du Gange lors de la Kumbh Mela en 2025. En Russie, le président Vladimir Poutine a employé un lexique évoquant l’Ukraine comme une figure satanique la même année.

Sur le plan mondial, plus de 380 millions de chrétiens sont exposés à des persécutions et discriminations fortes en raison de leur foi en 2025, d’après l’Index Mondial de Persécution des Chrétiens publié par Portes Ouvertes.

Réactions et déclarations officielles

Alain Dieckhoff, directeur de recherche au CNRS, souligne dans un entretien au Monde que ces invocations du religieux par des responsables politiques de grandes puissances, comme Trump, Modi et Poutine, témoignent d’une visibilité accrue du religieux dans l’espace public.

Philippe Portier, directeur d’études à l’École pratique des hautes études, explique que les jeunes font face à un environnement perçu comme « liquide » et dépourvu de repères, avec des incertitudes sur la prospérité, la santé et les loisirs. Il note que l’actualité géopolitique et écologique, incluant le dérèglement climatique et la hantise des conflits, pèse sur cette quête spirituelle.

Olivier Rota, interrogé par Orient XXI, observe que les jeunes d’aujourd’hui, toutes origines confondues, sont plus tolérants à la religion, avec une banalisation de la pratique dans les collèges et lycées. Il décrit une vague identitaire et normative depuis les années 1990, évoluant vers des quêtes individuelles plus fluides chez la génération Z.

Contexte factuel

Ces évolutions s’observent sur tous les continents. En Afrique, des conférences sur les « valeurs familiales » ont été organisées en 2025, impliquant des organisations religieuses. Au Malawi, des groupes interconfessionnels militent pour un avortement plus sûr.

Aux États-Unis, trois ans après l’annulation de l’arrêt Roe v. Wade, 13 organisations ont lancé Faithful Majority for Reproductive Freedom, une coalition nationale confessionnelle axée sur la liberté reproductive et religieuse.

Dans un ouvrage collectif intitulé Radicalités religieuses. Au cœur d’une mutation mondiale (Albin Michel), des spécialistes analysent comment des formes religieuses radicales remodèlent l’espace public de l’Inde à Israël, des États-Unis au Brésil.

En France, le Défenseur des droits a publié un rapport en décembre 2025 sur les discriminations fondées sur la religion, rappelant que nul ne doit être inquiété pour ses opinions religieuses pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public.

Situation actuelle

En 2025, le fondamentalisme religieux continue d’influencer la santé sexuelle et reproductive dans plusieurs pays, avec des attaques contre les droits des femmes et des filles, comme des conférences organisées par des organisations chrétiennes aux États-Unis et en Afrique.

Parallèlement, la foi émerge comme un espace de résistance. Musawah, un mouvement féministe musulman mondial, a reçu le prix Niwano pour la paix en 2025 pour son travail mobilisant des cadres islamiques en faveur de l’autonomie des femmes.

En France, entre 300 et 400 baptêmes catholiques par an concernent des personnes issues de familles musulmanes, selon des estimations pastorales. Le catholicisme se recompose autour d’un noyau de pratiquants engagés, tandis que la pratique musulmane progresse chez les jeunes.

Ces tendances marquent une visibilité accrue du religieux dans l’espace public mondial, avec des pratiques plus structurantes pour certains groupes et des coalitions confessionnelles actives sur des enjeux sociétaux.

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