Les océans menacés par la pollution plastique

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Les océans menacés par la pollution plastique

Les océans du monde entier accumulent chaque année des millions de tonnes de déchets plastiques, issus principalement des activités humaines terrestres. Cette pollution, qui représente 85 % des déchets marins, affecte les écosystèmes aquatiques et les espèces marines, selon des données compilées par des organisations internationales comme le WWF et le PNUE.

Les faits établis

Chaque année, entre 19 et 23 millions de tonnes de déchets plastiques s’infiltrent dans les écosystèmes aquatiques, dont une grande partie finit dans les océans, d’après le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE). Le WWF estime que près de 8 millions de tonnes de plastique rejoignent les océans annuellement, avec une projection cumulée atteignant 300 millions de tonnes d’ici 2030 si les tendances persistent.

La production mondiale de plastique a atteint 460 millions de tonnes en 2024, contre 2 millions en 1950, dont la moitié concerne des produits à usage unique. Ces déchets, une fois dans l’océan, se fragmentent en microplastiques de taille inférieure à 5 mm, avec un total estimé à 24 400 milliards de fragments flottant dans les mers, selon l’Ifremer.

Dans l’océan Pacifique nord, la découverte en 1997 par l’océanographe américain Charles Moore d’une immense zone de déchets, appelée Great Pacific Garbage Patch ou « septième continent de plastique », illustre l’ampleur du phénomène. Ces accumulations proviennent des côtes du Pacifique Est et sont transportées par la circulation océanique globale.

La mer Méditerranée reçoit annuellement environ 229 000 tonnes de plastiques, selon un rapport de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), issus des 24 millions de tonnes produites par ses 22 pays riverains. Une étude récente d’Expédition MED met en évidence le rôle des fleuves et rivières de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur comme vecteurs majeurs de microplastiques vers cette mer.

Le rapport Breaking the Plastic Wave de Systemiq et Pew, publié en novembre 2025, prévoit que sans mesures, les fuites annuelles vers l’océan tripleront pour atteindre 29 millions de tonnes par an d’ici 2040, soit 450 millions de tonnes cumulées sur vingt ans.

Réactions et déclarations officielles

Le WWF a recensé plus de 270 espèces marines victimes d’enchevêtrement et plus de 240 d’ingestion de plastique. Le PNUE souligne que 80 % des déchets plastiques mondiaux pourraient être recyclés d’ici 2040 avec une économie circulaire, mais les engagements actuels ne réduiraient les rejets océaniques que de 7 %.

Jean Hornain, directeur général de Citeo, a déclaré lors d’un bilan en 2025 que son organisation participe activement à la Conférence des Nations Unies pour l’Océan à Nice et aux négociations du Traité mondial contre la pollution plastique, à la tête d’une coalition de plus de 50 éco-organismes internationaux.

En Europe, la Directive-cadre sur l’eau (DCE) vise à assurer le bon état des eaux d’ici 2027, tandis que la Directive-cadre stratégie pour le milieu marin (DCSMM) cible le bon état écologique des milieux marins. En France, l’Office français de la biodiversité (OFB) note que 75 % des sols sont contaminés par des microplastiques, selon l’ADEME.

Expédition MED, en collaboration avec des scientifiques et citoyens, mène depuis 2009 des campagnes annuelles de prélèvements en Méditerranée pour étudier cette pollution, fournissant des données pour les politiques publiques régionales.

Contexte factuel

L’est de l’Asie et les pays du Pacifique concentrent la plus forte pollution, avec 57 millions de tonnes, devant l’Europe et l’Asie centrale (45 millions) et l’Amérique du Nord (35 millions), d’après une étude de la Banque mondiale. L’équivalent d’un camion-poubelle de plastique est rejeté dans l’océan toutes les minutes, impactant directement 690 espèces animales via les microplastiques.

Les écosystèmes marins sont dégradés à hauteur de 40 %, en partie due à ces pollutions, affectant le plancton et les chaînes trophiques. Plus de 800 espèces sont déjà touchées, avec des risques pour la santé humaine via la consommation de fruits de mer contaminés et les émissions liées à l’incinération ou au brûlage à ciel ouvert.

Situation actuelle

En 2025, la production de plastique s’élève à environ 430 millions de tonnes annuelles, dont 65 % sont des produits à courte durée de vie devenant rapidement déchets, selon le PNUE. Les coûts sociaux et économiques de la pollution plastique atteignent 600 milliards de dollars à la fin de 2023.

Les négociations internationales pour un traité mondial contre la pollution plastique se poursuivent, avec des tours en cours. En France, plus de 11 200 sites et milieux, dont zones humides et bords de cours d’eau, sont impactés par les microplastiques. Les stratégies régionales, comme celle de la Région Sud en Provence-Alpes-Côte d’Azur, visent à développer des surveillances et collaborations pour réduire les émissions vers la Méditerranée.

Le rapport de Systemiq et Pew insiste sur l’urgence, notant que même avec les promesses actuelles, les rejets océaniques ne baisseraient que de 7 %, loin des réductions nécessaires pour éviter une saturation des océans.

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