Un rapport met en garde contre les effets d’une mauvaise alimentation
Un rapport récent de la Commission EAT-Lancet, publié le 3 octobre 2025, alerte sur les conséquences graves d’une mauvaise alimentation à l’échelle mondiale. Ce document met en lumière les impacts sanitaires et économiques liés aux habitudes alimentaires actuelles, en s’appuyant sur des données empiriques.
Les faits établis
La mauvaise nutrition figure parmi les premières causes de mortalité en 2025. En France, près de 50 % de la population est en surpoids, dont 30 % en situation d’obésité, plaçant ainsi plus d’une personne sur deux en risque sanitaire.
Des études indiquent que la mauvaise alimentation est responsable de près de 1,6 million de décès prématurés par an, liés à des maladies cardiovasculaires et autres pathologies. Une alimentation déséquilibrée contribue à l’origine de 19 000 nouveaux cas de cancers chaque année en France.
Le rapport de la Commission EAT-Lancet estime que les effets d’une mauvaise alimentation coûtent 12 milliards d’euros par an en France. À l’échelle mondiale, la charge sanitaire liée à certains produits chimiques dans l’industrie alimentaire, tels que les phtalates, bisphénols, pesticides et PFAS, s’élève à 1 400 à 2 200 milliards de dollars annuels, soit 2 à 3 % du PIB mondial.
Les mauvaises habitudes alimentaires incluent la consommation accrue d’aliments transformés, riches en sel et sucre, au détriment des aliments simples comme les salades ou légumes cuits à la vapeur. Ces produits compliquent la digestion et favorisent des pathologies telles que le diabète, l’hypertension, les cancers et les maladies cardiovasculaires.
Les pesticides, utilisés pour protéger les cultures, sont associés à un risque accru de maladie de Parkinson ou de lymphomes. Les PFAS, ou « polluants éternels », présents dans certains emballages alimentaires et revêtements antiadhésifs, augmentent les risques de cancers, élèvent le taux de cholestérol et affectent la fertilité ainsi que le développement fœtal.
En outre, une consommation élevée de boissons et aliments sucrés à haute fréquence est liée à des problèmes dentaires, notamment les caries, particulièrement chez les enfants de moins de 6 ans en Océanie française, où plus de 80 % sont touchés.
Réactions et déclarations officielles
Le rapport EAT-Lancet démontre que la réglementation permet de réduire l’exposition aux produits chimiques toxiques et de prévenir des maladies. Ses auteurs qualifient ce document de « signal d’alarme pour les décideurs politiques et les chefs d’entreprise ».
Quarante scientifiques du monde entier ont lancé un appel dans la revue The Lancet pour une régulation du secteur des produits ultratransformés, dont les effets nocifs sur la santé – obésité, diabète, dépression – sont documentés scientifiquement.
Marc-André Selosse, biologiste au Muséum national d’histoire naturelle, a dénoncé sur LinkedIn les tergiversations autour des définitions de ces aliments, affirmant que « digresser sur les définitions quand on sait la dangerosité pour la santé d’une catégorie d’aliments et l’urgence de sauver des vies, c’est un meurtre ».
Le rapport 2025 de la Conférence nationale de santé (CNS) en France souligne la nécessité de renforcer la prévention nutritionnelle dès le plus jeune âge, selon Santé publique France.
L’Anses évalue les risques liés aux contaminations alimentaires par des agents pathogènes, substances toxiques, ainsi que les déséquilibres nutritionnels et la sédentarité.
Contexte factuel
La consommation de produits ultratransformés comme les sodas, biscuits et nuggets est en hausse, malgré leurs effets documentés sur l’obésité et le diabète. En France, le gouvernement prépare une feuille de route sur l’alimentation, avec des objectifs comme 50 % de produits durables en restauration collective et une réduction de 50 % du gaspillage alimentaire d’ici 2025 pour certains secteurs.
Parmi les jeunes adultes, 65 % des 18-34 ans déclarent ne pas savoir qui croire sur le sujet de l’alimentation, selon le baromètre de l’esprit critique 2025 réalisé par OpinionWay pour Universcience.
Les entreprises sont encouragées à promouvoir une alimentation saine chez les salariés, car des repas trop lourds ou pris à la hâte induisent somnolence et baisse de productivité.
Situation actuelle
Les niveaux d’exposition actuels aux polluants chimiques persistent, avec un risque de 200 à 700 millions de naissances en moins dans le monde entre 2025 et 2100 si la situation ne change pas. Le gouvernement français retarde la publication de sa feuille de route sur l’alimentation, sans objectifs chiffrés sur la réduction de la viande ou des ultratransformés pour l’instant.
Des mesures comme la loi Lurel limitent les teneurs en sucre dans les aliments transformés en outre-mer, mais ne s’appliquent pas pleinement en Océanie française, exposée à une transition rapide vers une mauvaise alimentation.
L’Anses continue d’apporter son expertise sur la chaîne alimentaire, de la production à la consommation. La restauration collective bénéficie d’aides financières pour atteindre les objectifs de produits de qualité, avec des contrôles contre le gaspillage en cours de mise en place.
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