Débat sur les politiques sanitaires mondiales après les crises sanitaires récentes
Les crises sanitaires récentes, notamment la pandémie de Covid-19, ont conduit à l’adoption de plusieurs initiatives internationales et nationales visant à renforcer les systèmes de santé. Ces mesures incluent des déclarations politiques à l’OMS, des programmes européens et des traités mondiaux, adoptés en 2025 par des dirigeants et institutions de divers pays.
Les faits établis
Le 16 décembre 2025, les dirigeantes et dirigeants mondiaux ont adopté une déclaration politique historique à l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) intitulée « Équité et intégration : transformer les conditions de vie et les moyens de subsistance en faisant preuve de leadership et d’initiative concernant les maladies non transmissibles et la promotion de la santé mentale et du bien-être ».[1] Cette déclaration est la première à aborder à la fois les maladies non transmissibles et la santé mentale, avec des objectifs mondiaux fixés pour 2030.
Le 20 mai 2025, l’Assemblée mondiale de la santé a approuvé un traité sur les pandémies, visant à éviter les errements observés lors de la crise du Covid-19.[4] Ce texte prévoit un accès plus équitable à la recherche sur les pathogènes émergents grâce à une coopération internationale renforcée.[4]
En réaction à la pandémie de Covid-19, l’Union européenne a adopté le programme « L’UE pour la santé » (EU4Health) pour la période 2021-2027, afin de renforcer la préparation aux crises.[3] Ce programme met l’accent sur des systèmes de santé plus résilients et accessibles au niveau européen.
En France, Santé publique France a publié son programme de travail pour 2025, s’inscrivant dans une stratégie renouvelée via le contrat d’objectifs et de performance (COP) 2024-2028.[2] Ce programme structure ses actions autour de six enjeux, dont l’anticipation des menaces de santé publique et la réduction des inégalités.
Par ailleurs, l’OMS a publié en 2025 le PHSM Decision Navigator, un cadre pour aider les gouvernements à prendre des décisions en matière de mesures de santé publique et sociales lors d’urgences sanitaires.[6]
Réactions et déclarations officielles
L’OMS a indiqué que la déclaration du 16 décembre 2025 fixe des cibles mesurables pour 2030, telles que : au moins 80 % des pays mettant en œuvre des politiques fiscales et réglementaires ; 80 % des établissements de soins primaires disposant de médicaments essentiels pour les maladies non transmissibles et la santé mentale ; 60 % des pays adoptant des mesures de protection financière ; et 80 % des pays disposant d’un plan d’action multisectoriel.[1]
- La déclaration appelle à un financement suffisant et durable, en augmentant les ressources nationales et en renforçant les partenariats internationaux.[1]
- Pour le traité pandémies, l’OMS souligne des avancées en prévention, surveillance, transfert de technologie, accès aux pathogènes et logistique.[5]
La Commission européenne a déclaré que EU4Health contribuera à une Union européenne de la santé, en investissant dans la réaction aux crises, le plan contre le cancer et la stratégie pharmaceutique.[3] Le programme vise à prévenir les menaces transfrontières, à constituer des stocks de produits essentiels et à établir une réserve de personnels médicaux.
Santé publique France a rapporté que son programme 2025 renforce la prévention, l’innovation et le dialogue avec la société pour gérer les crises.[2]
Concernant les États-Unis, l’administration Trump a redéfini sa stratégie de santé mondiale dans un cadre « L’Amérique d’abord », privilégiant les accords bilatéraux avec les pays demandeurs d’aide, après un démantèlement de l’aide au développement.[4] L’OMS fait face à un retrait américain, entraînant une réduction de 25 % de ses dépenses de personnel et une redéfinition de ses priorités.[4]
Des discussions portent sur une possible fusion d’agences de l’ONU pour améliorer l’efficacité de l’action humanitaire et sanitaire, face à la baisse de l’aide au développement en 2025.[4]
Contexte factuel
La pandémie de Covid-19 a révélé la fragilité des systèmes de santé nationaux, comme l’a souligné la Commission européenne dans l’adoption d’EU4Health.[3] L’Union européenne s’est organisée pour l’acquisition commune et la répartition des vaccins.[5]
En France, des accords ont fixé les contributions des entreprises pharmaceutiques en vaccins et financements, pour renforcer les capacités sanitaires dans les pays fragiles, notamment en épidémiologie et laboratoires.[5]
L’OMS, institution spécialisée de l’ONU pour la santé publique depuis 1948, continue de coordonner ces efforts mondiaux.[8]
Situation actuelle
Au 27 décembre 2025, la déclaration OMS du 16 décembre reste un engagement récent, avec des cibles à atteindre d’ici 2030 dans un contexte économique tendu affectant le financement de la santé mondiale.[1]
EU4Health est en cours d’exécution jusqu’en 2027, couvrant la promotion de la santé, la prévention des maladies et la coopération internationale.[3]
Le programme de Santé publique France pour 2025 est opérationnel, axé sur l’anticipation des crises, le numérique en santé publique, la santé environnementale et la réduction des inégalités.[2]
Le traité pandémies adopté en mai 2025 est en phase d’implémentation, tandis que l’OMS ajuste ses opérations face aux contraintes budgétaires liées au désengagement américain.[4]
Le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme prépare sa 8e reconstitution de ressources en 2025.[7] L’OMS a également publié des orientations sur la gouvernance en santé publique pour des approches multisectorielles.[6]
Ces développements reflètent des efforts continus pour adapter les politiques sanitaires aux leçons des crises passées, sur la base de déclarations et programmes officiels confirmés.


