L’accès à une alimentation saine demeure inégal

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L’accès à une alimentation saine demeure inégal

Dans le monde, trois personnes sur dix n’ont pas accès à une nourriture saine, nutritive et adéquate, selon Action contre la faim. Cette situation persiste malgré la disponibilité globale de nourriture suffisante pour répondre aux besoins de la population mondiale.

Les faits établis

À La Réunion, les ménages les plus modestes rencontrent des difficultés pour accéder aux produits frais, locaux et peu transformés, comme l’indique le bilan du Projet Alimentaire Territorial (PAT) du Département de La Réunion. Le prix représente l’obstacle principal pour 76 % des non-consommateurs de produits bio, selon l’Agence Bio en 2024, ce qui accentue une fracture sociale dans l’accès à une alimentation saine.

En France métropolitaine, la flambée des prix alimentaires amplifie les inégalités sociales. Selon Le Monde, le pouvoir d’achat ne devrait progresser que de 0,8 % sur l’année, contre 2,55 % en 2024, contraignant les ménages à privilégier les prix bas au détriment des produits sains ou de meilleure qualité. L’Insee, dans une étude d’octobre 2025, confirme que ces comportements risquent de créer ou d’amplifier les inégalités d’accès à une alimentation saine.

À l’échelle mondiale, 3,7 milliards d’individus n’ont pas accès à une nourriture suffisamment diversifiée pour combler leurs besoins essentiels, d’après des chercheurs cités par Science et Vie. Une personne sur cinq décède des suites d’un régime inadapté, lié à la surconsommation de viande, produits laitiers, sucre ou aliments ultra-transformés.

En France, la précarité alimentaire touche 16 % de la population en 2025, selon le Credoc cité par l’Armée du Salut. Les femmes représentent 26,7 % des personnes en insécurité alimentaire modérée ou grave, contre 25,4 % pour les hommes, selon le rapport SOFI 2023 d’Action contre la faim.

Réactions et déclarations officielles

Le Département de La Réunion a lancé un Projet Alimentaire Territorial pour construire un système alimentaire plus sain et durable, face à une forte dépendance aux importations et une hausse des maladies nutritionnelles comme le diabète et l’obésité.

L’Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri) alerte sur la menace pesant sur le « pacte alimentation », qui vise un accès généralisé à une alimentation sûre et abordable, dans une note de début novembre. Les chercheurs évoquent un risque de mécontentement social dû à une consommation à deux vitesses.

À l’ONU, le Secrétaire général a appelé à l’action dans son bilan quatre ans après le Sommet sur les systèmes alimentaires, en juillet à Addis-Abeba. Six priorités sont définies : augmenter les financements, soutenir les contextes fragiles, renforcer la cohérence des politiques, fonder les décisions sur la science, renforcer le leadership des jeunes et favoriser la collaboration intergénérationnelle, selon le UN Food Systems Hub.

La FAO rapporte une diminution de la faim mondiale, avec 8,2 % de la population touchée en 2024 contre 8,7 % auparavant. L’organisation renforce les capacités des gouvernements et du secteur privé pour assurer la qualité et la sûreté des aliments, tout en soutenant l’égalité des sexes dans les processus décisionnels agricoles.

Action contre la faim engage les gouvernements à consacrer 300 millions d’euros par an entre 2025 et 2030 à la nutrition, et à viser 2,8 % de l’aide publique au développement dédiée à ce domaine d’ici 2030, comme recommandé par la Banque mondiale.

Contexte factuel

Les inégalités territoriales influencent l’accès à l’alimentation. À La Réunion, les disparités entre zones urbaines, périurbaines et rurales limitent l’accès aux produits sains, avec une dépendance à la grande distribution et des circuits courts marginaux.

Les 30 % les plus aisés du globe causent plus de 70 % des dommages environnementaux liés à l’alimentation, aggravant les inégalités, selon Science et Vie. Les femmes subissent un accès inégal aux ressources comme l’eau, les terres cultivables, l’éducation et la santé, favorisant la malnutrition. L’OMS estime que 50 % des cas de malnutrition infantile sont liés à l’eau impropre et au manque d’hygiène.

Dans des régions comme le Nord-Ouest du Nigéria, l’insécurité nutritionnelle résulte d’une consommation insuffisante due à l’instabilité économique, la hausse des prix et un accès faible aux services de santé, particulièrement en zones reculées et conflictuelles.

Les régimes alimentaires validés par la science pourraient éviter 11 millions de morts prématurées par an, avec un impact marqué dans les pays riches sur les maladies cardiaques, et bénéfique en Afrique subsaharienne et Asie du Sud.

Situation actuelle

En 2025, les gouvernements renforcent les repas scolaires, intègrent les politiques alimentaires et climatiques, et développent des solutions locales, comme relevé par le UN Food Systems Hub lors du Sommet de Doha. Les feuilles de route nationales, structures de gouvernance et mécanismes de financement se mettent en place, bien que les inégalités persistent et que les contextes fragiles exigent plus de soutien.

La FAO continue d’investir dans l’éducation rurale et l’accès à l’enseignement primaire pour améliorer la nutrition. En France, des initiatives comme la recherche-action Passerelle Plus de l’Armée du Salut abordent la précarité alimentaire touchant 16 % de la population.

Les pressions climatiques s’intensifient, et le financement doit augmenter pour transformer les systèmes alimentaires, selon les acteurs internationaux réunis en 2025.

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