Protection des infrastructures numériques dans les pays en développement
Introduction
Les pays en développement font face à une multiplication des cybermenaces qui menacent leurs infrastructures numériques essentielles. Ces attaques visent les services publics, l’économie et la souveraineté nationale, dans un contexte de transformation digitale accélérée. Le Mali, l’Égypte et d’autres nations africaines adoptent des stratégies nationales pour renforcer leur résilience, tandis que des rapports internationaux soulignent les disparités mondiales en matière de cybersécurité.
Développement factuel
Le Mali adopte une stratégie nationale de cybersécurité
Le gouvernement malien a approuvé, lors du Conseil des ministres du 5 décembre, la Stratégie nationale de cybersécurité pour la période 2026-2030. Cette initiative répond à une recrudescence des cyberattaques et à des risques accrus liés à la digitalisation de l’État et de l’économie. Selon le Global Cybersecurity Index 2024 de l’Union internationale des télécommunications, le Mali se situe au niveau Tier 4 sur 5, indiquant des capacités de base en cybersécurité, particulièrement dans les domaines techniques, organisationnels et de formation des compétences.
La stratégie vise à moderniser la gouvernance numérique, à protéger les infrastructures critiques et à améliorer la résilience nationale. Elle prévoit de combler les failles urgentes de l’écosystème numérique malien, d’instaurer des standards de sécurité homogènes, d’optimiser la réponse aux incidents et de renforcer la coopération internationale. Ces mesures soutiennent la digitalisation des services publics et favorisent l’innovation locale.
Le Mali fait face à une recrudescence des cybermenaces. Face à cette menace, le pays cherche à renforcer son architecture de sécurité numérique.
Agence Ecofin
Les avancées égyptiennes en transformation numérique et cybersécurité
L’Égypte progresse dans le secteur des communications et technologies de l’information en 2025, grâce à une stratégie intégrée pour bâtir une « Égypte numérique ». Des investissements de 6 milliards de dollars depuis 2019 ont modernisé les réseaux internet fixe et mobile. La vitesse moyenne de l’internet fixe atteint désormais 91,3 Mbps, plaçant le pays en tête des classements régionaux.
Le cadre législatif s’est renforcé avec la loi sur la lutte contre la cybercriminalité, la loi sur la protection des données personnelles et la Charte égyptienne pour une intelligence artificielle responsable. Des protocoles de coopération ont été signés entre le ministère des Communications et d’autres institutions, comme le ministère public, pour numériser les services et développer les infrastructures numériques.
Disparités mondiales et défis pour les pays en développement
Un rapport des Nations unies alerte sur une nouvelle fracture numérique due à l’adoption rapide de l’intelligence artificielle. Les pays disposant d’infrastructures solides et de compétences avancées avancent vite, tandis que d’autres peinent à suivre. En Asie-Pacifique, plus de la moitié des utilisateurs mondiaux d’IA se concentrent dans la région, mais seulement 14 % des habitants l’utilisent réellement. Près d’un quart de la population reste hors ligne, avec des écarts genrés marqués.
La Banque mondiale note que les pays à faible et moyen revenu peuvent tirer parti des outils numériques pour améliorer leurs infrastructures. Cependant, ils restent en retard par rapport aux économies avancées en termes de couverture et de qualité. À l’échelle globale, 65 % des gouvernements pourraient introduire des exigences de souveraineté technologique d’ici 2028, pour contrôler clouds, IA et semi-conducteurs.
L’adoption de l’IA se fait désormais en quelques mois, quand d’autres transformations technologiques s’échelonnaient sur plusieurs décennies.
Rapport des Nations unies
Contexte africain et initiatives régionales
En Afrique, la protection des infrastructures numériques devient une priorité face à la croissance des services en ligne. Le Mali et l’Égypte illustrent des efforts concrets pour structurer leurs réponses. Ces pays investissent dans la formation, la législation et les partenariats pour contrer les cybermenaces qui touchent banques, administrations et opérateurs télécoms.
Les infrastructures critiques, comme les réseaux électriques et les systèmes financiers, sont particulièrement vulnérables. La coopération internationale joue un rôle clé, avec des échanges d’informations et des normes communes pour renforcer la résilience collective.
Points clés à retenir
- Le Mali a adopté sa Stratégie nationale de cybersécurité 2026-2030 pour protéger ses infrastructures critiques face aux cyberattaques croissantes.
- L’Égypte a investi 6 milliards de dollars dans ses réseaux, atteignant une vitesse internet fixe de 91,3 Mbps, et renforcé son arsenal législatif contre la cybercriminalité.
- Un rapport de l’ONU met en garde contre une fracture numérique due à l’IA, avec des disparités en compétences et accès internet dans les pays en développement.
- Les pays à faible revenu utilisent les outils numériques pour améliorer leurs infrastructures, mais restent en retard des économies avancées.
- 65 % des gouvernements pourraient imposer des exigences de souveraineté technologique d’ici 2028, couvrant IA, cloud et communications.
- La coopération internationale et la formation des compétences sont essentielles pour combler les failles en cybersécurité.
• Le Mali structure sa cybersécurité nationale pour 2026-2030 suite à un classement Tier 4 mondial.
• L’Égypte multiplie par 16 sa vitesse internet et adopte des lois sur la cybercriminalité et les données.
• L’ONU alerte sur les inégalités en IA, aggravant la fracture numérique dans les pays en développement.
Conclusion
Les pays en développement, comme le Mali et l’Égypte, déploient des stratégies concrètes pour protéger leurs infrastructures numériques contre les cybermenaces grandissantes. Ces initiatives, soutenues par des investissements et des cadres légaux, visent à renforcer la résilience et à réduire les disparités mondiales. Des rapports internationaux confirment l’urgence de ces efforts pour accompagner la transformation digitale et préserver la souveraineté nationale.


