Les journalistes confrontés à des restrictions dans certains pays
En 2025, des journalistes font face à des restrictions croissantes dans plusieurs pays, marquées par des emprisonnements, des expulsions et des limitations d’accès à l’information. Ces situations concernent notamment l’Iran, les États-Unis et le Pérou, selon des rapports d’organisations internationales spécialisées.
Les faits établis
L’Iran figure parmi les principaux pays emprisonnant des journalistes au monde. Selon le rapport annuel 2025 de Reporters sans frontières (RSF), 21 journalistes y sont détenus et un autre est porté disparu. Les agences de sécurité, dont le ministère du Renseignement et l’Organisation du renseignement des Gardiens de la révolution, ont convoqué, interrogé ou arrêté des reporters pour des publications sur les réseaux sociaux.
Aux États-Unis, le département de la Défense a imposé de nouvelles restrictions aux journalistes accrédités. France 24 rapporte que ces règles exigent une autorisation explicite pour poser des questions ou publier certaines informations, sous peine de perte d’accréditation. Le ministère a également réduit les conférences de presse, évincé des journalistes de pools médias et limité leurs déplacements sur site, les obligeant à être escortés hors de zones précises.
Au Pérou, deux tentatives d’assassinat contre des journalistes ont été signalées. RSF note que le pays se classe 130e sur 180 dans son Classement mondial de la liberté de la presse 2025, en recul par rapport à la 125e place en 2024.
À l’échelle mondiale, la Fédération internationale des journalistes (FIJ) recense 111 journalistes tués en 2025, dont sept femmes, dans son rapport annuel. En Algérie, le journaliste Ihsane El Kadi est emprisonné depuis plus de 600 jours, selon la FIJ.
Le Classement mondial 2025 de RSF qualifie pour la première fois la situation globale de la liberté de la presse de « difficile ». Plus de la moitié de la population mondiale, soit 4,25 milliards de personnes, vit dans 42 pays en zone « très grave », avec un score moyen mondial sous les 55 points, d’après un article de Patmedias.
Réactions et déclarations officielles
RSF appelle les gouvernements à imposer des sanctions ciblées contre les responsables et institutions impliqués dans la censure, la surveillance et la détention de journalistes, comme indiqué dans son rapport sur l’Iran. L’organisation précise que plus de la moitié des journalistes ayant sollicité une assistance d’urgence en 2025 ont fui leur pays, issus de 44 nations, dont l’Afghanistan, la Russie, le Soudan et l’Iran.
Le New York Times a déposé une plainte devant un tribunal de Washington contre le Pentagone, arguant que ces restrictions enfreignent le Premier amendement de la Constitution américaine protégeant la liberté de la presse. Le journal affirme que l’administration limite la capacité des journalistes à interroger les fonctionnaires et à rapporter des faits au-delà des déclarations officielles.
RSF exprime son inquiétude sur l’inaction des autorités péruviennes face aux tentatives d’assassinat de journalistes. La FIJ demande la libération d’Ihsane El Kadi en Algérie et dénonce des menaces contre un journaliste d’investigation en France pour ses révélations sur des financements en Centrafrique.
Contexte factuel
Ces restrictions s’inscrivent dans un recul général de la liberté de la presse observé en 2025. RSF et l’UNESCO alertent sur des pressions économiques, politiques, des violences physiques et une impunité généralisée. Depuis 2018, plus de 900 journalistes en Amérique latine et dans les Caraïbes ont été contraints à l’exil.
En Iran, les médias touchés poursuivent leur activité depuis l’étranger, avec 19 rédactions aidées par RSF issues de pays comme l’Afghanistan, la Russie, le Soudan, la Biélorussie, le Myanmar, le Salvador et le Kirghizstan. Aux États-Unis, ces mesures au Pentagone font partie d’une stratégie limitant l’accès des médias au ministère, principal acheteur avec un budget annuel de plusieurs centaines de milliards de dollars.
Le Pérou connaît une dégradation de sa position au classement RSF, passant de la 125e à la 130e place entre 2024 et 2025.
Situation actuelle
À ce jour, l’Iran détient 21 journalistes et un est porté disparu, sans signe d’assouplissement de la répression. Plus de 40 médias ont reçu une aide de RSF en 2025, dont 19 opérant depuis l’exil.
Aux États-Unis, la plainte du New York Times est en cours devant le tribunal de Washington. Le Pentagone maintient les restrictions sur les accréditations, les conférences de presse et les déplacements des journalistes.
Au Pérou, RSF signale un manque d’action des autorités après les tentatives d’assassinat. Mondialement, 111 journalistes ont été tués en 2025 selon la FIJ, et le score moyen de la liberté de la presse reste sous les 55 points d’après RSF.
La FIJ suit les cas d’emprisonnement comme celui d’Ihsane El Kadi en Algérie, dépassant 600 jours de détention.


